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Facturation électronique gratuite pour auto-entrepreneur : les solutions

12 min de lecture

Peut-on passer à la facturation électronique sans payer quand on est auto-entrepreneur ? Oui dans certains cas. Voici ce que couvrent vraiment les offres gratuites, comment les vérifier et quand elles ne suffisent plus.

Facturation électronique gratuite pour auto-entrepreneur : les solutions

Vous êtes auto-entrepreneur, vous savez que la réforme de la facturation électronique vous concerne, et vous vous posez la question la plus logique qui soit : faut-il vraiment payer un logiciel pour envoyer trois factures par mois ? La réponse courte est non, pas forcément. Plusieurs éditeurs proposent une facturation électronique gratuite et conforme. La réponse complète demande un peu plus de nuance, parce que « gratuit » ne recouvre pas la même chose d’une offre à l’autre, et parce que certains profils, les vendeurs en ligne en tête, en sortent vite.

Si vous découvrez le sujet, commencez par notre guide de la facturation électronique pour auto-entrepreneur, qui pose le calendrier et les obligations. Ici, nous parlons uniquement de l’outil et de son prix.

Ce que vous devez couvrir, et depuis quand

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France, micro-entreprise comprise, doit être en mesure de recevoir des factures électroniques de ses fournisseurs. À partir du 1er septembre 2027, vous devrez aussi émettre vos factures aux clients professionnels français au format électronique, via une plateforme agréée, et transmettre à l’administration les données de vos autres ventes (particuliers, clients étrangers) : c’est le e-reporting.

Être en franchise de TVA ne vous en dispense pas. Nous avons détaillé ce point dans auto-entrepreneur sans TVA : êtes-vous concerné ?. Un outil « gratuit » doit donc couvrir la réception, l’émission et le e-reporting. Un générateur de PDF ne fait pas l’affaire.

Pourquoi il n’existe pas de plateforme publique gratuite

Beaucoup d’auto-entrepreneurs attendent encore une solution de l’État. Elle a existé sur le papier : le portail public de facturation devait offrir un service minimum gratuit pour émettre et recevoir ses factures. En octobre 2024, l’administration a abandonné cette partie du projet. Le portail public se limite désormais à deux rôles : tenir l’annuaire qui associe chaque entreprise à sa plateforme, et concentrer les données transmises au fisc.

Conséquence directe : pour émettre ou recevoir une facture électronique, vous passez obligatoirement par une plateforme agréée (le nouveau nom des PDP, plateformes de dématérialisation partenaires). Ces plateformes sont des opérateurs privés immatriculés par l’administration fiscale. Leur prix est libre. Certaines facturent l’accès, d’autres ont choisi de l’offrir.

Schéma : le portail public tient l'annuaire et concentre les données, les plateformes agréées privées émettent et reçoivent les factures, à prix libre

Toute offre gratuite de facturation électronique vient donc d’un éditeur qui se rémunère ailleurs. Gardez-le en tête au moment de lire les conditions.

Ce que « gratuit » veut dire chez les éditeurs

Le modèle est presque toujours le même : la facturation, y compris électronique, est offerte, et l’éditeur gagne sa vie sur ce qui vient autour. Selon les acteurs, ce sera un compte professionnel avec sa carte bancaire, un abonnement de comptabilité, l’accompagnement d’un expert-comptable ou des options avancées.

Deux familles d’offres coexistent :

  • La plateforme agréée gratuite. L’éditeur est lui-même immatriculé et transmet vos factures en direct. Indy et Tiime, par exemple, présentent leur offre de facturation électronique comme gratuite et sans limite de volume.
  • Le logiciel de facturation gratuit relié à une plateforme partenaire. L’outil que vous utilisez n’est pas immatriculé lui-même, il s’appuie sur une plateforme agréée tierce pour l’acheminement. Pour vous, le résultat est identique tant que le raccordement est bien inclus dans l’offre gratuite.

Dans les deux cas, regardez ce qui est réellement compris. En pratique, les offres gratuites sérieuses incluent la création de devis et de factures, l’envoi par la plateforme, la réception des factures fournisseurs et le e-reporting. Ce qui passe le plus souvent en payant : la comptabilité, le rapprochement bancaire, les relances automatiques, les utilisateurs supplémentaires, les connecteurs vers une boutique en ligne et les exports destinés à un comptable.

Généralement inclus dans le gratuitGénéralement réservé au payant
Devis, factures, avoirsComptabilité et déclarations
Transmission via la plateforme agrééeSynchronisation et rapprochement bancaires
Réception des factures fournisseursRelances automatiques d’impayés
E-reporting des ventes aux particuliersConnecteurs Shopify, WooCommerce, Amazon
Archivage des factures émisesMulti-utilisateurs, API, exports comptables

Ce tableau donne une tendance. Chaque éditeur place le curseur différemment et les conditions changent régulièrement, d’où l’intérêt de lire la grille tarifaire complète, options comprises, avant de créer un compte.

Les solutions gratuites qui existent en 2026

Voici les offres que vous croiserez le plus souvent en cherchant une facturation électronique gratuite pour auto-entrepreneur.

Indy propose une offre gratuite qui inclut la facturation électronique, avec une plateforme agréée immatriculée en propre. L’éditeur vise d’abord les professions libérales et les freelances en BNC, et se rémunère sur ses abonnements de comptabilité et son compte pro.

Tiime annonce une facturation électronique gratuite via sa propre plateforme agréée, sans plafond de factures. Le modèle repose sur le compte professionnel et les services comptables associés.

Abby se positionne sur les auto-entrepreneurs avec une facturation gratuite et illimitée, et indique être prêt pour la réforme. Les déclarations URSSAF et la comptabilité automatisée relèvent des formules payantes.

D’autres outils historiquement gratuits, comme Shine Facture, Facture.net ou Henrri, communiquent aussi sur leur mise en conformité. Les banques en ligne pour professionnels intègrent souvent un module de facturation dans leur abonnement, ce qui n’est pas gratuit à proprement parler mais peut suffire si vous payez déjà le compte.

Nous ne classons pas ces offres : leurs conditions bougent d’un trimestre à l’autre, et la meilleure dépend de votre activité.

Comment vérifier qu’une offre gratuite est vraiment conforme

Un logiciel peut afficher « compatible facturation électronique » sans que cela vous garantisse grand-chose. Six vérifications suffisent à écarter les mauvaises surprises.

Checklist des six points à vérifier avant d'ouvrir un compte de facturation électronique gratuit : immatriculation, réception, émission et e-reporting, formats, plafonds, export

  1. L’immatriculation. L’éditeur, ou la plateforme sur laquelle il s’appuie, doit apparaître dans la liste officielle des plateformes agréées publiée par l’administration. Si le nom n’y figure pas et que la page du logiciel ne cite aucun partenaire immatriculé, passez votre chemin.
  2. La réception. C’est l’obligation déjà en vigueur. Vérifiez que vous pouvez recevoir les factures de vos fournisseurs dans l’offre gratuite, et pas seulement en émettre.
  3. L’émission et le e-reporting. Les deux obligations de septembre 2027 doivent être couvertes sans surcoût. Certaines offres incluent l’émission mais font payer la transmission des données de ventes aux particuliers, ce qui touche précisément les auto-entrepreneurs.
  4. Les formats et les mentions. La facture doit sortir dans un format structuré (Factur-X au minimum) et intégrer les nouvelles mentions obligatoires, dont le SIREN de votre client professionnel et la nature de l’opération (livraison de biens, prestation de services, ou les deux).
  5. Les plafonds. Nombre de factures, de clients, d’utilisateurs, de connecteurs : cherchez la ligne précise où le gratuit s’arrête.
  6. La sortie. Vous devez pouvoir exporter vos factures et votre fichier clients si vous changez d’outil.

Un point souvent oublié : le raccordement à l’annuaire. Quand vous choisissez une plateforme, elle vous inscrit dans l’annuaire national avec votre SIREN. Si vous en changez plus tard, la nouvelle plateforme met l’annuaire à jour. Le changement est prévu par la réforme, mais chaque migration prend du temps, d’où l’intérêt de bien choisir dès le départ.

Quand le gratuit suffit, et quand il coince

Il n’y a aucune raison de payer un outil si vous n’en avez pas l’usage. Pour un freelance qui émet quelques factures par mois à des clients professionnels français, sans TVA et sans boutique en ligne, une offre gratuite bien choisie couvre l’intégralité de la réforme. C’est le cas le plus fréquent en micro-entreprise.

Schéma des trois profils d'auto-entrepreneur : le freelance à quelques factures pour qui le gratuit suffit, le prestataire en croissance, le vendeur en ligne qui a besoin d'un outil connecté à sa boutique

Le gratuit commence à coincer dans quatre situations :

  • le volume : au-delà de quelques dizaines de factures par mois, la saisie manuelle et le suivi des paiements prennent plus de temps que l’outil n’en fait gagner ;
  • la TVA : dès que vous approchez du seuil de la franchise, ou si vous vendez à l’étranger, vous avez besoin d’un calcul de TVA fiable par pays et par type de produit, ce que les outils gratuits font rarement bien ;
  • le comptable : si un expert-comptable suit votre dossier, il attend des exports propres (fichier FEC, journaux), généralement payants ;
  • les ventes en ligne, détaillées ci-dessous.

Le cas du vendeur en ligne : pourquoi le gratuit tient rarement

Un auto-entrepreneur qui vend sur Shopify, WooCommerce, Etsy ou Amazon traite plusieurs dizaines, parfois plusieurs centaines de commandes par mois. Chacune doit donner lieu à une facture conforme, et chaque remboursement à un avoir.

Gérante d'une petite boutique en ligne emballant une commande à côté de son ordinateur : chaque colis correspond à une facture à produire

La réforme change trois choses pour lui :

  • Vos ventes aux particuliers ne passent pas par la facture électronique, mais leurs données (montants, TVA, encaissements) devront être transmises périodiquement à l’administration via votre plateforme. Cette transmission se prépare seule si vos commandes sont déjà centralisées dans un outil. Elle devient un travail de ressaisie si elles vivent dans l’interface de votre boutique et dans un tableur.
  • Vos ventes à des professionnels (un client qui commande pour son entreprise, un revendeur) doivent partir en facture électronique via la plateforme, avec le SIREN du client. Sur une boutique, ce SIREN n’est presque jamais collecté par défaut.
  • Les factures générées par la boutique elle-même ne remplacent pas ce circuit. Le PDF produit par Shopify ou le document envoyé par une marketplace reste un justificatif, pas une facture électronique au sens de la réforme.

Un outil de facturation gratuit vous demandera de recréer chaque commande à la main, ou de passer sur une formule payante pour activer un connecteur. Le prix de l’abonnement compte donc moins que le nombre d’heures passées chaque mois à ressaisir des commandes. Nous avons décrit ce circuit en détail dans la facturation d’une boutique Shopify en dropshipping, et le raisonnement vaut pour toutes les plateformes de vente.

Ce que coûte une solution connectée, chiffres à l’appui

Bizyness n’est pas gratuit. Le plan d’entrée démarre à 14 euros par mois pour 100 commandes, avec un essai de 14 jours sans carte bancaire, et tous les plans donnent accès à toutes les fonctionnalités. La grille complète est publique, sans engagement.

Ce que ces 14 euros achètent, pour un vendeur en ligne : la récupération automatique des commandes depuis Shopify, WooCommerce, Amazon, Stripe ou PayPal, la génération des factures et des avoirs à chaque vente et à chaque remboursement, le calcul de la TVA selon le pays et le type de produit, et la facturation électronique via une plateforme agréée partenaire, e-reporting compris, sans aucune ressaisie.

Pour comparer, prenez une boutique à 80 commandes par mois. Recréer 80 factures dans un outil gratuit, à deux minutes chacune, représente un peu moins de trois heures par mois. Si votre temps vaut plus de 5 euros de l’heure, l’outil connecté est déjà rentable, avant même de compter les erreurs de TVA évitées. À 20 commandes par mois, le calcul est moins évident, et une offre gratuite peut tout à fait convenir en attendant que l’activité grandisse.

Les questions qui reviennent

L’État va-t-il proposer une plateforme gratuite ?

Non. Le service gratuit d’émission et de réception qui était prévu sur le portail public a été abandonné en octobre 2024. Le portail public conserve l’annuaire et la collecte des données, rien de plus. Toute facturation électronique passe par une plateforme agréée privée, gratuite ou payante.

Puis-je continuer avec Word ou Excel et un PDF envoyé par email ?

Pour vos clients particuliers, oui, à condition que les données de ces ventes soient transmises par une plateforme au titre du e-reporting. Pour vos clients professionnels français, non à partir de septembre 2027 : la facture doit partir au format électronique via une plateforme agréée. Un modèle Word ne pourra pas le faire.

Dois-je payer quelque chose pour recevoir les factures de mes fournisseurs ?

Pas nécessairement. La réception est incluse dans les offres gratuites que nous avons citées. Si vous n’avez encore rien choisi, vos fournisseurs peuvent rencontrer des difficultés à vous adresser leurs factures électroniques, d’où l’intérêt de vous raccorder rapidement, même avec une offre gratuite.

Puis-je commencer gratuit et changer plus tard ?

Oui. La réforme prévoit le changement de plateforme, et l’annuaire est mis à jour par votre nouvelle plateforme. Vérifiez simplement, avant de vous inscrire, que l’outil gratuit vous laisse exporter vos factures et vos clients (point 6 de la checklist ci-dessus).

Je suis en franchise de TVA, ai-je vraiment besoin d’une plateforme ?

Oui. La franchise en base vous dispense de collecter la TVA, pas de la réforme. Vous devez recevoir les factures électroniques depuis septembre 2026 et émettre ou transmettre vos données à partir de septembre 2027. Le détail client par client est dans notre article sur la franchise de TVA et la facture électronique.

Existe-t-il un comparatif plus large des logiciels de facturation gratuits ?

Nous avons publié un panorama des logiciels de facturation gratuits pour auto-entrepreneur, qui couvre aussi les outils hors réforme. Gardez en tête que la conformité à la facturation électronique est un critère plus récent que ce type de classement.

En résumé

Une facturation électronique gratuite existe bel et bien pour les auto-entrepreneurs, portée par des éditeurs privés qui se rémunèrent autrement. Pour un freelance à faible volume, elle couvre toute la réforme, à condition de vérifier l’immatriculation, la réception, le e-reporting et les plafonds. Pour un vendeur en ligne, comparez le prix de l’abonnement aux heures de ressaisie qu’il évite.

Si vos ventes passent par une boutique ou une marketplace, essayez Bizyness gratuitement pendant 14 jours sur vos propres commandes, sans carte bancaire.

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